Sans tempo, les valeurs de notes ne veulent rien dire : une noire vaut un temps, mais un temps de quelle durée ? C’est le tempo qui tranche. Voici les deux systèmes utilisés pour l’indiquer, leur correspondance et la façon de s’en servir pour travailler.
Ce qu’est un BPM
BPM signifie battements par minute. Le chiffre indique combien de fois la pulsation revient en une minute, c’est-à-dire le mouvement régulier sur lequel on tape du pied en écoutant un morceau.
Sur une partition, l’indication prend souvent la forme d’une figure de note suivie d’un nombre, par exemple une noire égale 120 : la noire est alors l’unité de pulsation et revient 120 fois par minute. En mesure composée comme le 6/8, c’est en général la noire pointée qui sert d’unité.
Quelques repères concrets : le tempo d’une marche se situe autour de 110 à 120 BPM, la plupart des morceaux de pop et de rock entre 100 et 140 BPM, et un battement de cœur au repos correspond à peu près à 60 à 80 BPM.
Le tableau des indications de tempo
Avant le métronome, les compositeurs indiquaient la vitesse par des mots italiens, qui décrivent autant un caractère qu’une vitesse. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives : les valeurs varient sensiblement d’une source et d’une époque à l’autre.
| Indication | BPM approximatifs | Caractère |
|---|---|---|
| Grave | 20 à 40 | Très lent et solennel |
| Largo | 40 à 60 | Large, ample |
| Lento | 45 à 60 | Lent |
| Adagio | 66 à 76 | À l’aise, expressif |
| Andante | 76 à 108 | Allant, au pas |
| Moderato | 108 à 120 | Modéré |
| Allegro | 120 à 156 | Vif et gai |
| Vivace | 156 à 176 | Vif |
| Presto | 168 à 200 | Très rapide |
| Prestissimo | au-delà de 200 | Le plus rapide possible |
Ces termes se modulent par des suffixes et des adverbes : le suffixe -etto atténue et -issimo intensifie (allegretto est un peu moins rapide qu’allegro, prestissimo plus rapide que presto). Molto signifie beaucoup, poco un peu, assai assez, non troppo pas trop. Un allegro ma non troppo est donc un allegro retenu.
Les changements de tempo
Un morceau n’avance pas toujours à vitesse constante. Trois indications reviennent sans cesse :
- Accelerando (accel.) : accélérer progressivement.
- Ritardando (rit.) ou rallentando (rall.) : ralentir progressivement.
- A tempo : revenir au tempo initial après une variation.
S’y ajoute le rubato, qui autorise à étirer et resserrer librement la pulsation dans un cadre expressif, et le point d’orgue, qui suspend le tempo sur une note ou un silence pour une durée laissée au choix de l’interprète.
À noter : le métronome mécanique tel qu’on le connaît s’est diffusé au début du XIXe siècle, popularisé par Johann Nepomuk Maelzel. C’est de là que vient l’abréviation MM que l’on croise encore sur certaines partitions anciennes, par exemple « MM ♩= 120 ».
Travailler au métronome
C’est l’outil le plus efficace pour progresser, et le plus souvent négligé. La méthode qui fonctionne tient en trois règles.
Commencer nettement en dessous du tempo cible. Un passage se travaille à une vitesse où il est joué proprement, sans accroc ni tension. Si les notes bavent, le tempo est déjà trop élevé : il n’y a aucun bénéfice à répéter un mouvement approximatif.
Monter par paliers courts. Une progression de 5 BPM à chaque palier, en ne passant au suivant que lorsque le passage est propre deux ou trois fois de suite, donne des résultats beaucoup plus rapides qu’un saut direct au tempo final.
Varier le placement du clic. Une fois le passage acquis, ne faire sonner le métronome que sur les temps 2 et 4, puis sur un seul temps par mesure, oblige à tenir la pulsation intérieurement. C’est ce qui construit la régularité réelle.
Conseil : notez le tempo atteint à la fin de chaque séance. C’est le seul moyen de mesurer objectivement la progression sur un passage difficile, et cela évite de recommencer chaque jour au même point.
Trouver le tempo d’un morceau
Trois approches, de la plus simple à la plus fiable. La fonction tap tempo, présente sur la plupart des métronomes et applications, calcule le BPM à partir de tapes sur l’écran en suivant le morceau : quelques secondes suffisent. Les logiciels de tablature et les stations audio affichent directement le tempo d’un fichier importé. Enfin, de nombreuses bases de données en ligne référencent le BPM des morceaux courants, utile pour vérifier une estimation.
Attention toutefois à une confusion fréquente : un morceau ressenti à 70 BPM peut tout à fait être écrit à 140 BPM, la pulsation étant simplement comptée deux fois plus vite. Les deux lectures sont valables tant que le placement des notes reste cohérent.
Pour aller plus loin
- La valeur des notes : ronde, blanche, noire, croche, ce que le tempo vient convertir en secondes.
- Lire les notes sur une portée : où se trouve l’indication de tempo sur une partition.
- Les logiciels de tablature : ils intègrent un métronome et permettent de ralentir un passage.
- Les applications d’accordage : la plupart embarquent aussi un métronome.
Ce qu’il faut retenir
Le tempo se mesure en BPM, le nombre de pulsations par minute, et les indications italiennes en donnent l’équivalent en mots, de grave à prestissimo, avec des fourchettes seulement indicatives. Accelerando, ritardando et a tempo signalent les variations. Pour travailler, la règle tient en une phrase : commencer lentement et proprement, puis monter par paliers de 5 BPM.
FAQ
Que veut dire BPM en musique ?
BPM signifie battements par minute. Le chiffre indique combien de fois la pulsation revient en une minute : à 60 BPM la pulsation tombe une fois par seconde, à 120 BPM deux fois par seconde. C’est l’unité qui fixe la vitesse réelle d’un morceau.
À combien de BPM correspond allegro ?
Allegro correspond approximativement à une fourchette de 120 à 156 BPM. Ces valeurs restent indicatives : elles varient selon les sources et selon les époques, l’indication italienne décrivant autant un caractère vif et gai qu’une vitesse précise.
Quel est l’ordre des tempos du plus lent au plus rapide ?
Du plus lent au plus rapide : grave, largo, lento, adagio, andante, moderato, allegro, vivace, presto et prestissimo. Le suffixe -etto atténue le terme et le suffixe -issimo l’intensifie.
Comment travailler un morceau au métronome ?
Commencez nettement en dessous du tempo cible, à une vitesse où le passage est joué proprement. Montez ensuite par paliers de 5 BPM, en ne passant au palier suivant qu’une fois le passage réussi deux ou trois fois de suite. Une fois acquis, faites sonner le clic uniquement sur les temps 2 et 4 pour travailler la régularité.
Comment trouver le tempo d’un morceau ?
Le plus simple est la fonction tap tempo des métronomes et applications, qui calcule le BPM à partir de tapes suivant le morceau. Les logiciels de tablature affichent aussi directement le tempo d’un fichier importé, et des bases de données en ligne référencent le BPM des morceaux courants.

